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Cette vénérable société qui a 113 ans d existence est en fait d une grande activité, d’un parfait dynamisme et d’une belle jeunesse. C’est au siècle dernier, le 27 mai 1893, que M. Tobie Mérieux réunissait au chef-lieu de la commune de Passy, 22 de ses compatriotes musiciens afin de constituer, en accord avec la municipalité, un corps officiel de musique dénommé “ Fanfare Municipale de Passy “. En 1895, l’effectif est de 15 musiciens. Le président, Tobie Mérieux est remplacé par Alexandre Michollin. Cette structure restera en l’état jusqu’en mars 1905, date de la dissolution de la société en tant que “Fanfare de Passy” pour la reconstituer en octobre 1906 sous l’appellation “ Fanfare de Chedde “.
Ce bouleversement est consécutif au développement industriel du village de Chedde, avec l’implantation en 1896, de l’usine de Georges Bergès et Paul Corbin. La population de Chedde qui était de 150 habitants en 1895 avait triplé en 1906 et tout naturellement la fanfare s’installera là où se trouvent les forces vives de la commune. C’est à partir de 1907 que la municipalité apportera son soutien financier au fonctionnement de la musique.
Comme ses consoeurs, la fanfare de Chedde connaïtra les affres de la grande guerre, douze de ses membres étaient mobilisés dont trois seront fait prisonniers en Allemagne. Lors de sa réunion du 14 décembre 1915, le comité décidait de prélever 300 francs sur les fonds de la fanfare pour acheter trois bons de la défense nationale afin d’accomplir son devoir pour la France.
A la fin de la guerre, les musiciens se réunissaient pour reformer leur société qu’ils dénommaient” Fanfare de Chedde-Passy “. A cette occasion, quelques musiciens de la première heure, qui ne l’avaient pas suivi en 1906, ralliaient la nouvelle formation. Dans la répartition des charges, on voit pour la première fois une fonction d’instructeur pour les élèves musiciens. Pressenti à ce poste, Edouard Cossard sera par la suite nommé directeur en 1920. La Fanfare s’étoffe également d’un corps de clairons animé par René Pugnet et Hubert Duperrey. Le 1er septembre 1921, les membres de la fanfare se réunissent en assemblée générale, pour approuver les statuts d’une société de secours mutuel. Elle a pour but de venir en aide aux malades et accidentés et le cas échéant, aux familles de ses membres. Une initiative exemplaire et unique parmi les musiques du Faucigny. Après quelques contacts, la société rejoindra définitivement la Fédération des Musiques du Faucigny en 1928.
En 1922, l’arrivée d’un nouveau chef, Henri Mérieux, fut un événement de grande importance, cet homme de 47 ans, adjudant trompette, avait fait carrière au 4ème Dragon de Chambéry, frère du fondateur de la fanfare, brillant et populaire, les musiciens lui portaient une grande estime et le nommaient membre d’office du comité. Fait exceptionnel, la municipalité prenait en charge ses émoluments.
Cinq chefs avaient précédé Henri Mérieux à la direction de la fanfare, si le nom du premier reste une énigme, les suivants sont : Alexandre Michollin, Maurice Fauchon. Emile Guilbaud, Edouard Cossard. Puis cinq autres chefs l’ont succédé avant que la municipalité professionnalise le poste de directeur en 1965: Georges Bressy par deux fois, Robert Michollin et enfin Charles Ancey et Louis Cerutti en tant que chefs intérimaires en 1964.
La plupart de ces chefs ont également occupé la présidence, ce fut le cas pour Alexandre Michollin, Emile Guilbaud, Edouard Cossard et Robert Michollin, mais bien d’autres encore, puisqu’ils sont dix sept à avoir présidé aux destinés de la société. Gustave Pissard est l’un de ceux-là, élu en 1930, il restera président jusqu’en 1956 avec seulement deux petites pauses où il sera remplacé par Robert Michollin en 1938 et Henri Soudan de 1949 à 1952. En 1957 il est nommé président d’honneur de la société. Cet homme attachant, aux qualités exceptionnelles, fut décoré en 1987 de la médaille de chevalier de l’ordre des Arts et Lettres par Robert Fournier, maire de Passy. Il nous quittait en 1991, à l’äge de 93 ans.
En 1965, la mairie, consciente des difficultés que représente l’enseignement musical, accepte le recrutement d’un musicien professionnel. Ainsi, Robert Perrussel prend ses fonctions et développe très rapidement son action suivant deux axes : l’éveil musical en milieu scolaire et la création d’une école de musique. Ainsi, de 18 membres actifs en 1965, la société en comptera 59 en 1972. En 1974, Bruno Camporelli remplace Robert Perrussel à la direction de la société et durant de nombreuses années, il sillonnera la commune, très étendue, pour apporter dans chaque école son savoir-faire et son dynamisme.
Marcel Gojon, après 20 année;es de présidence, cède la place à Raymond Blondaz de 1976 à 1993 date à laquelle Hervé Michollin lui succède jusqu’en 1996, puis ce sera Sylvie Tabary et depuis 2000, Sylvie Blondaz-Piedigrossi.
Afin d’évaluer le travail accompli, l’harmonie se pretera au jeu des concours. En 1979, elle sera classée en 2ème division, en 1992 au concours national de Bellegarde, elle obtiendra un 1er prix ascendant en 1ère division et sera confirmée, en 1996, en division supérieure, au concours national d’Oyonnax.
La musique, c’est également une histoire d’amitié, entretenue par des échanges réguliers, qui a débuté à Passy en 1980 avec ses amis de la Stadtkapelle de Pfullingen. Aussi, la formation allemande a participé au deuxième et troisième festival des musiques du Faucigny, organisés à Passy en 1985 et 1999, après celui de 1972. Le 20ème anniversaire du jumelage fut feté en septembre 2005 à Passy, le retour étant prévu à Pfullingen en septembre 2006. Une belle fete en perspective.
N’oublions pas les liens qui unissent l’harmonie à son école de musique dont l’évolution fut rapide et qui est aujourd’hui bien structurée. Si l’harmonie compte actuellement 57 membres, l’école en est le vivier et l’avenir avec 119 élèves et un corp professoral diplômé.
Après 25 ans de direction, Bruno Camporelli a pris sa retraite en octobre 1999. Mr Jean-Pierre Anchisi assura l’intérim durant une année avant l’arrivée de Philippe Michelot qui après 2 ans passé à Passy est repartit dans sa région. Depuis la rentrée 2002, Loïc Vincent, professeur de trompette, assure la direction de l’harmonie et de l’école de musique.
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